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Qualité de l'eau
Un état des lieux 2025 en
demi-teinte

L'état des lieux 2025 de la qualité de l'eau, réalisé par l'Agence de l'eau Loire-Bretagne conformément à la directive cadre sur l'eau, montre une légère dégradation de l'état écologique des eaux superficielles en Sarthe.

Le 10 décembre dernier, l'Agence de l'eau Loire-Bretagne a publié son état des lieux 2025 de la qualité des eaux du bassin. Cet exercice, réalisé tous les six ans comme l'exige la directive cadre sur l'eau (CDE), est piloté sur toute la France par les Agences de l'eau pour le compte des Comités de Bassin. Un diagnostic réalisé avec la même méthode tous les six ans et destiné à guider les orientations du prochain Sdage*. L'état des lieux 2025 repose sur les données collectées entre 2021 et 2023.

Etat écologique des cours d'eau

L'état des lieux de la qualité de l'eau vise à fournir l'état écologique des eaux superficielles, accompagné d'une analyse du risque, dans l'avenir, de ne pas aboutir au bon état vis-à-vis des pressions exercées sur le milieu. L'état écologique, réparti en 5 classes, de très bon état à mauvais, est obtenu à partir d'indicateurs biologiques (indice poissons, invertébrés, diatomées et macrophytes) et physicochimiques : oxygène, nutriments (dont les phosphates et les nitrates), température, pH, ainsi que, pour le bassin Loire-Bretagne, 13 polluants liés ou non à l'activité agricole. L'état écologique des eaux de surface tient compte de l'aspect quantitatif, un cours d'eau avec du débit ayant une plus forte capacité à réguler sa température et à s'autoépurer.

Légère dégradation de l'état des eaux superficielles

L'état écologique des eaux de surface est assez stable sur la région Pays de la Loire, mais en légère dégradation à l'échelle du bassin versant Loire-Bretagne et sur la Sarthe. Ainsi, sur 111 cours d'eau sarthois analysés, 28% présentaient un bon état en 2017 (pour l'état des lieux 2019) contre 26% en 2023 (pour l'état des lieux 2025) ; au contraire, la part de cours d'eau en mauvais état passe de 22% en 2017 à 26% en 2023. Une tendance qui peut être liée au fait que 2021 à 2023 sont des années sèches. " Certains acteurs qui mettent en place des travaux pour améliorer les choses peuvent être déçus, car l'effet du dérèglement climatique vient contrecarrer leurs efforts. Les résultats sont par ailleurs difficiles à voir sur ce pas de temps ", analyse Morgan Priol, responsable de la délégation Maine Loire Océan à l'agence de L'eau Loire Bretagne. Plusieurs autres causes sont pointées du doigt, en particulier la forme des cours d'eau parfois modifiée par des aménagements, l'intensité des prélèvements en eau ou encore la présence de polluants, nitrates et phosphates en tête. L'experte souligne l'importance des prairies et du bocage sur la qualité de l'eau. " L'évolution des pratiques vers une diminution de l'élevage au profit des cultures dans certains secteurs a un effet certain. " À noter qu'à l'échelle des Pays de la Loire, seuls 11% des cours d'eau affichent un bon état, un chiffre stable depuis 2017. " La Sarthe résiste plutôt mieux à la sécheresse que les autres territoires car les nappes sarthoises alimentent certains cours d'eau en période de basses eaux. C'est aussi un département en tête de bassin versant. "

La carte sur les tendances longues d'évolution 2000-2023 des nitrates dans les eaux de surface montre une disparité de situations en Sarthe. " Des masses d'eau peuvent apparaître en bleu car la tendance est à l'amélioration depuis 2000 mais cela ne signifie pas qu'il n'y a plus de sujet ", prévient Vincent Tran, chef du service des interventions sur le site du Mans de l'Agence de l'eau.

9 nappes en mauvais état chimique en Sarthe

L'étude évalue aussi l'état des eaux souterraines, synthèse de l'état chimique -évalué sur la base des critères de potabilité, notamment la teneur en nitrates- et de l'état quantitatif. La tendance est aussi à une dégradation de l'état des eaux souterraines sur le bassin Loire-Bretagne, avec une diminution de la part des masses d'eau en bon état chimique et un état quantitatif moins bon qu'en 2017. Sur 19 nappes d'eau analysées en Sarthe, 9 nappes libres (les plus impactées par les polluants) sont considérées comme étant en mauvais état chimique, une situation " relativement stable malgré une légère dégradation par rapport à l'exercice précédent " selon Vincent Tran.

En Sarthe, deux masses d'eau sont considérées comme en mauvais état du point de vue quantitatif : le Cénoturonien, nappe libre sur la rive droite du Loir, " qui enregistre des chutes importantes de piézomètre ", et le Cénomanien, nappe captive du bassin parisien située sous le Cénoturonien et qui affleure sur une grande partie Est de la Sarthe. " La dégradation de l'état quantitatif peut avoir 2 origines : soit un déséquilibre entre les prélèvements et le remplissage naturel de la nappe, provoquant un décrochage, soit un lien peut être fait avec les eaux superficielles, si elle sont en difficultés. " Des problématiques qui font déjà l'objet de vigilance dans les territoires.

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