Race Blonde d'Aquitaine
Une conjoncture favorable aux systèmes naisseurs
Le syndicat de race Sarthe Blonde d'Aquitaine poursuit ses actions pour fédérer les éleveurs sarthois. Lors de son AG, le 6 mars à Saint-Mars-sous-Ballon, ce groupe dynamique a pu débattre de questions techniques et conjoncturelles avec des intervenants.
Le syndicat de race Sarthe Blonde d'Aquitaine a réuni ses adhérents en AG vendredi 6 mars, à Ballon-Saint-Mars, d'abord en salle puis en visite sur l'élevage de la famille Duluard. L'association, qui recense une trentaine d'adhésions, poursuit ses actions pour fédérer ses éleveurs, avec toujours pour cheval de bataille le renouvellement des générations. Deux nouveaux membres, Dylan Chevereau (Vancé) et Geoffray Plassais (Viré-en-Champagne) ont récemment élargi ce cercle d'éleveurs dynamiques.
Des événements fédérateurs
La matinée en salle a été l'occasion pour le bureau, réuni autour de son président, Gaylord Chamaret, de faire un retour sur l'année écoulée. En tête, deux événements fédérateurs ont marqué les esprits, notamment la visite de deux élevages de l'Orne, en octobre, avec 100 vêlages chacun, deux modèles différents qui ont pu inspirer nos Sarthois. L'occasion notamment de découvrir, au Gaec Dehail, à Saint-Germain-sur-Sarthe, un nouveau parc de contention de marque Jourdain, facilitant la sécurité et la qualité au travail des éleveurs. Une formation orchestrée en février, chez Romain Dutertre, visant à revoir les fondamentaux de la race Blonde d'Aquitaine, a mobilisé une quinzaine de participants.
Nouvelle méthode d'indexation
La matinée a été riche de contenu technique, avec notamment l'intervention de Pascal Milon, responsable allaitant à la coopérative Innoval, qui est revenu sur la nouvelle indexation Single step. Dans le calcul, certains index pourraient particulièrement changer, notamment l'index Ifnais (facilités de naissance), qui prendra en compte le tour de poitrine en plus du poids et des conditions de naissance, et l'index d'aptitudes à l'allaitement dont la part du poids à 120 jours et du poids à 210 jours est modifiée. Les nouveaux taureaux du catalogue ont enfin été présentés.
C'est ensuite Jean-Baptiste Tertrain, conseiller viande bovine à la Chambre d'agriculture, qui est intervenu pour répondre à une préoccupation majeure des éleveurs : faut-il ou non, à l'heure qu'il est, engraisser ses broutards ? Si les éleveurs de race Blonde d'Aquitaine sont plutôt des naisseurs, certains sont en réflexion pour garder des mâles. Dans le contexte actuel du prix de la viande, toutefois, l'écart s'est réduit entre systèmes naisseur et naisseur-engraisseur ; se lancer dans l'engraissement de broutards demande donc une étude rigoureuse de ses coûts liés au logement, au temps de travail et à l'alimentation, l'objectif étant d'être le plus autonome possible.
Renflouer les trésoreries
Gaylord Chamaret et sa compagne Laëtitia, associés depuis un an au sein du Gaec Chamaret à Saint-Ouen-en-Champagne, sont naisseurs (40 vêlages) tout en engraissant leurs réformes. Le couple est en train de monter un bâtiment solaire en mode hébergeur avec la société Girasol pour y loger des animaux, du fourrage et du matériel. " Les broutards se sont vendus 2 500 € cet automne. Pour rentabiliser le logement et le temps de travail, il faudrait s'approcher d'un prix de 8 €/kg carcasse -mais la conjoncture va-t-elle tenir ? Stratégiquement, nous pouvons aussi profiter de la vente des broutards pour renflouer nos trésoreries, et pourquoi pas nous lancer dans quelques années si les prix tiennent. " Les éleveurs sont en réflexion pour l'aménagement d'un parc de contention sous leur bâtiment, pour faciliter la pesée des veaux et des réformes avant leur départ.
Une formation sur la reproduction
Le syndicat Sarthe Blonde d'Aquitaine ne manque pas de projets pour l'année à venir, avec en décembre, une visite prévue du laboratoire d'Innoval, à Sucé-sur-Erdre, dédié à la production d'embryons, couplée à une visite d'élevage proche. Une formation sur le thème du pilotage de la reproduction, animée par un intervenant d'Innoval, devrait également s'organiser. Ce sujet central dans les élevages, surtout pour cette race tardive pour laquelle l'élevage des génisses est primordial, mobilise notamment les leviers de l'alimentation et la correction minérale, mais aussi la génétique.