sanitaireMaladies vectorielles
Le GDS mobilise sa caisse coups durs
Le GDS 72 a réuni une centaine d'éleveurs, le 27 janvier à Trangé, pour son rendez-vous sanitaire annuel. L'occasion de faire le point sur l'évolution des maladies vectorielles et les indemnités mises en place.
Le rendez-vous sanitaire du GDS a rassemblé une centaine d'éleveurs, mardi 27 janvier à Trangé, des éleveurs de bovins surtout, venus s'informer sur le contexte lié aux maladies vectorielles, MHE et FCO, mais aussi attentifs aux dernières évolutions de l'épidémie de dermatose nodulaire (DNC). Face à la menace toujours bien présente des maladies MHE et FCO, arrivées en Sarthe à l'automne 2024, le GDS 72 poursuit sa mission de prévention. Si la MHE s'est étonnamment peu propagée (en tout, 5 foyers en France dont 4 en Sarthe), la FCO et surtout le sérotype 3 a eu d'importantes conséquences dans les élevages, en particulier des avortements et des veaux nés fous.
La deuxième vague de FCO, sur la campagne vectorielle 2025 (depuis le 1er juin), décompte 218 foyers déclarés en Sarthe au 22 janvier 2026, frappant par ailleurs fortement nos voisins de Mayenne, Ille-et-Vilaine et Manche, avec respectivement 607, 854 et 1281 foyers.
20% d'éleveurs vaccinés
La vaccination est toujours au cœur des débats, et le GDS 72, par la voie de sa vétérinaire Murielle Guiard, mais aussi d'autres vétérinaires présents, notamment mayennais, ont tenté d'apporter des réponses aux éleveurs. " Se dire que l'immunité naturelle va protéger son cheptel est un mauvais calcul, a déclaré Émilie Brochet, vétérinaire à Meslay-du-Maine. Les vaches se remettent bien mieux de la maladie quand elles sont vaccinées. Dans le Nord-est de la France [où moins de 40 nouveaux foyers ont été déclarés sur la campagne vectorielle 2025, NDLR] les éleveurs ont vacciné bien plus massivement que nous. C'est une histoire de 2-3 ans comme en 2008-2009. " Le GDS 72 estime que seuls 20 % des éleveurs sarthois ont vacciné. " Est-on prêt aujourd'hui à encore supporter un tiers de ses veaux euthanasiés ? Ceux qui n'ont pas vacciné doivent le faire et ceux qui ont déjà vacciné ne sont plus à un rappel prêt " estime Murielle Guiard.
Indemnité sous condition d'avoir vacciné
Pour rebondir suite aux dégâts causés par ces maladies sur les cheptels, des dispositifs d'indemnités ont été mis en place. Pour les foyers 2024, un dossier FranceAgriMer est à remplir pour une prise en charge par l'État des surmortalités observées jusqu'au 31 décembre 2024, à hauteur de 100% de leur grille de référence. Sur cette même année, le GDS mobilise sa " caisse coups durs " pour une prise en charge complémentaire des avortements, des frais vétérinaires et des analyses concernant la FCO-3 jusqu'au 31 décembre 2024, sous réserve d'être foyer 2024 ou assimilé foyer (PCR), adhérent au GDS et à jour de ses cotisations. Sur 2025, le FMSE (Fond national de mutualisation du risque sanitaire et environnemental) -qui est en partie financé par les cotisations GDS- prend le relai de l'État. Il indemnise, sous conditions d'avoir vacciné avant le 1er novembre 2024, et être foyer FCO-3 en 2024, la surmortalité des animaux de moins d'1 mois, à hauteur de 100% pour les pertes survenues entre le 1er janvier et le 30 avril, puis 20% entre le 1er mai et le 31 août 2025. Le GDS se tient prêt à compléter sur les autres catégories d'âge, et sur les avortements, les frais vétérinaires et d'analyse et les déficits de naissances du 1er janvier au 30 septembre 2025, à hauteur de 20%. La mobilisation du GDS se poursuit pour réduire l'impact des pertes subies sur l'automne 2025, à condition d'avoir vacciné contre la FCO-3 avant l'épisode clinique. Selon la volonté du conseil d'administration du GDS, les déficits de naissances sont indemnisés à hauteur de 60 € la naissance, soit à partir d'une variation du taux de naissances de plus de 10 points.
Arbitrage financier et humain
Au total, l'enveloppe du GDS 72 pour indemniser la surmortalité et les déficits de naissances pourrait dépasser les 300 000 €. Les experts du GDS s'accordent à dire que la Sarthe n'est pas à l'abri d'une troisième vague de FCO-3 -des conjectures seulement à ce stade pour la prochaine saison vectorielle. " L'idéal serait de vacciner contre la FCO-3 et la FCO-8 avant la prochaine mise à l'herbe. Ceux qui ont fait 2 injections pour la MHE, faire le rappel éviterait de repartir à zéro ", conseille Murielle Guiard qui reste " prudente vis-à-vis de la MHE, qui pourrait revenir. " Un arbitrage financier et humain guidera le choix final des éleveurs, en lien avec leur vétérinaire d'élevage.